Choisis la vie pour que tu vives toi et ta descendance ! (Dt 30,19)
Pensais-tu qu’une moniale restait bien encapuchonnée dans sa prière toute la journée ? Détrompe-toi ! Elle sait aussi profiter de la vie et d’un marshmallow grillé. Mais dis-moi… n’est-ce pas ça aussi prier ? Car si je quitte la prière du cœur pour rencontrer le Christ présent dans ma sœur, ne suis-je pas encore en Sa Présence ?
Ce qui glorifie mon Père, c’est que vous portiez du fruit en abondance (Jn 15,8)

Et pour porter du fruit, la graine doit accepter de s’enfouir dans la terre. La moniale, si elle se retire du monde porte en réalité beaucoup de fruits pour le monde à travers la prière et la connaissance de l’homme. Car que nous apprend la vie en communauté sinon ce qu’il y a dans le cœur de l’homme ?

Je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui, en moi, ne porte pas de fruit, il l’enlève, et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, afin qu’il en porte davantage encore. (Jn 15,1)
Tel est le labeur de la moniale. Émonder en elle ce qui l’empêche de porter du fruit. Et elle ne peut se fier qu’à une chose pour mener ce travail : la vie de Dieu est en elle de la même manière que le sarment est irrigué par la sève de la vigne. Alors, comme chacun de nous, elle peut devenir le lieu de Sa présence, son Épiphanie.

Ecoutons ce que nous dis Thomas Merton, moine :
« N’ai-je pas été appelé à explorer une région déserte du coeur de l’homme, où les explications ne suffisent plus, où l’on apprend bientôt que seule l’expérience compte ? Une région aride, rocailleuse et sombre de l’âme, éclairée parfois par des feux étranges, dont l’homme a peur, et peuplée de spectres que l’homme évite soigneusement, sauf dans ses rêves. »
Et qu’a-t-il trouvé dans ce désert de l’esprit ? Que c’est le lieu « où Dieu se trouve dans la simplicité de la confiance pure, c’est à dire dans l’oubli de notre propre imperfection et de notre misère. » il y a découvert que l’amour est l’épiphanie de Dieu dans notre pauvreté.