Un temps de famille en Christ

Témoignage de Christophe, École de Prière 2017 à Maylis
Après être arrivé par hasard sur le site internet de Maylis, suite à une recherche sur la permaculture, je suis tombé sur la page des retraites pour les jeunes qu’organisait l’abbaye. L’envie de faire une retraite en monastère me taraudait et l’idée d’une école de prière n’était pas pour me déplaire. Revenu à la foi depuis peu de temps, j’avais à cœur de rencontrer des frères et sœurs en Christ. Les deux désirs, celui d’une retraite et celui de rencontres, se joignaient merveilleusement bien.
Un souci pourtant : venant de région parisienne, l’abbaye me semblait très éloignée et j’ai beaucoup hésité avant de me décider à venir… Finalement, après mûre réflexion, je me faisais une joie d’avoir un temps donné vraiment à Dieu au sortir des concours, et de fuir un peu la frénésie des fêtes de fin d’année où il est parfois difficile de trouver des temps de silence et d’intériorité. En fin de compte… la distance était une bien piètre excuse pour ne pas s’accorder ce temps !
Bref, j’ai vraiment eu le sentiment que Jésus m’invitait à Maylis, et ce que j’y ai vécu n’a fait que confirmer ce sentiment. Là-bas j’ai tout de suite été accueilli fraternellement par les participants, malgré le léger retard qu’avait occasionné quelques péripéties de trajet. Tous d’horizons très différents, nous étions comme de vieilles connaissances qui se seraient données rendez-vous.
Les journées étaient remplies de prières, celle des offices, celle des chants, celle des repas, des topos, des temps personnels et celle de la beauté du lieu, véritable prière de la Création. Chaque moment était dans la joie et la paix, signe de la présence du Christ !
Très édifiante, la retraite a vraiment été pour moi un cadeau de Dieu, et je remercie les moines pour leur accueil fraternel. Tant de choses se sont passées que vraiment je ne peux que rendre grâce !
Merci Seigneur et que soit bénie ND de Maylis !
Moine : une renaissance humaine et spirituelle

Frère Emmanuel-Marie : Au monastère, renaître…
Ami(e) ! Je viens t’entretenir, non sans appréhension, de ce qui fait le cœur de ma vie de moine. Je prends le risque d’écrire ces lignes dans l’espérance que mon chemin puisse un peu éclairer le tien.
Me voici dans ma trentième année de vie monastique. J’ai vécu, à travers cette déjà longue marche, accompagné par mes frères de l’abbaye de Maylis, une renaissance humaine et spirituelle que je dois à la sagesse de saint Benoît. Voici donc en quelques flashs très incomplets, ce que je souhaite te témoigner de cette renaissance… inachevée.
Frère Grégoire : l’appel du Triduum pascal

Le désir d’être moine a émergé en moi…
Alors que j’étais étudiant, à cause de l’éloignement de ma famille j’ai décidé d’aller passer Pâques dans un monastère. J’avais déjà eu l’occasion de participer à des offices dans un monastère proche de chez moi ; j’avais alors découvert la beauté du chant des psaumes. Les psaumes m’ont toujours attiré car ils sont à fois paroles d’homme qui expriment tous les états d’âme, et à la fois Parole de Dieu qui nous façonne.
Lors de ce Triduum, j’ai été saisi par la beauté et la longueur des offices. Chaque geste, chaque parole avait un poids extraordinaire, une dimension d’éternité.
Les années suivantes, pour Pâques, j’ai recommencé à aller dans un monastère. Cette fascination s’est toujours renouvelée, et le désir d’être moine a émergé en moi. J’avais depuis longtemps l’intuition que ma réponse à l’amour bouleversant du Père pour moi était de Lui donner ma vie, mais je ne savais pas trop comment.
Aujourd’hui encore à Maylis, lors de nos offices du Triduum, malgré parfois la fatigue (les offices sont longs !) je suis toujours heureux d’être là, et je mesure la chance d’avoir été appelé à la vie monastique et de pouvoir prendre ces moments où le temps a un goût d’éternité.