Voici une expression du langage courant issue directement de la tradition monastique.
Le chapitre est tout d’abord le nom donné à la salle dans laquelle se réunit une communauté de tradition bénédictine chaque matin pour écouter un chapitre de la règle de Saint Benoît (d’où son nom). Par extension, c’est devenu le nom-même de la réunion. On parle alors du chapitre conventuel.
Le chapitre, c’est encore le nom donné aux moines (ou moniales) que l’abbé (ou l’abbesse) réunit lorsqu’il a des décisions importantes à prendre – comme par exemple, accepter ou non qu’un novice fasse profession temporaire. Si le vote est positif, l’abbé n’est pas tenu de le suivre. Si le vote est négatif, l’abbé ne peut pas aller contre.
Une forme de gouvernance qui a fait ses preuves au cours des siècles !
Et ne participent à cette réunion que les moines (ou moniales) que l’on appelle profès solennels, à savoir ceux qui ont prononcé des voeux solennels, définitifs, devant la communauté et l’Église rassemblée, et qui se sont ainsi engagés, pour leur vie durant, à marcher à la suite du Christ dans la vie monastique et avec la communauté.
C’est de ce droit à pouvoir ou non donner son avis lors d’une décision importante que vient l’expression « avoir voix au chapitre ». Elle signifie donc être habilité, qualifié par la communauté, le groupe auquel on appartient, à donner son avis.