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Sr DorothéeLà où Dieu m’appelle

Presque 18 ans de vie monastique dans un contexte socio-culturel radicalement différent de ce que j’avais connu … Les questions n’ont cessé d’affluer, sans trouver le plus souvent de réponses ! Je crois que ce qui me parait fondamental, dans ce type d’engagement, c’est de garder toujours une ouverture pour accueillir la différence. Je ne sais pas si on peut vraiment changer de culture ou de façon de penser, mais on peut se laisser habiter par d’autres façons de vivre, de faire, d’aimer… laisser l’espace à l’intérieur pour cet inconnu qui cherche à se faire reconnaître.

Comme tout membre du corps de l’Eglise, la vie monastique a elle aussi sa dimension missionnaire. Il se trouve que certains moines sont appelés à la manifester plus concrètement en partant vivre dans une jeune Eglise. Cela a été notre cas en 1996, quand nous sommes parties à 5 de notre Charente en Guinée-Conakry.

Inutile de dire que la vie monastique change de visage dans un tel contexte de nouveauté. Plus fragile dans sa « mise en forme » concrète – tout est à inventer à ce niveau – elle est aussi plus « poreuse », perméable aux événements, conditions de vie, relations avec ceux qui nous entourent et font route avec nous. Je crois que c’est l’amour dans ces valeurs monastiques qui m’a permis de rester stable dans un cheminement communautaire imprécis, que nous ne pouvions pas en partie maîtriser.
Il se trouve aussi que l’excès de certaines situations m’a confrontée à l’essentiel : est-ce que je tenais ou non au Christ ? Est-ce qu’il était le roc de ma vie, Celui sur qui j’avais construit mon existence ?
Je rends grâce à Dieu d’avoir pu découvrir à nouveau cette préférence fondamentale, qui irrigue tout mon quotidien de prière et de travail, et laisse au fond de moi un goût de joie profonde.
Un autre aspect me semble important dans ce vécu en fondation = celui de me savoir à ma place, c’est à dire là où Dieu m’appelle. Il n’y a pas d’héroïsme dans cette situation, juste la certitude de répondre à un appel et de trouver en lui la force de dire « oui ». La vie fraternelle, une dimension fondamentale de la vie monastique, nous aide à tenir ce « oui » jour après jour.

Soeur Dorothée

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