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Témoignage de frère Philippe

témoignage Frère Philippe de CîteauxJ’avais été baptisé, mais sans jamais recevoir d’éducation religieuse. Je ne connaissais pas encore Celui qui deviendrait le cœur de ma vie, et non seulement la mienne, mais aussi celle du monde entier… Et ne le connaissant pas, je cherchais à abreuver la soif de sa Présence par toutes sortes de moyens que propose notre société. C’est ainsi que, vers l’âge de huit ans, j’avais acheté une dizaine de bandes dessinées morbides, violentes, avec déjà une ouverture à l’occultisme.

Le jeune enfant que j’étais pouvait-il se rendre compte qu’en cherchant à abreuver la source d’amour qu’il avait en lui, il avait en fait abreuvé le désir de mort de la chair qui était aussi en lui, et dont il ignorait l’existence ?

La blessure ainsi ouverte allait travailler d’autant plus profondément qu’il ne voulait pas la voir en face. Mais j’allais avoir maintes occasions d’abreuver sans le savoir cette inclination au mal. J’organisais, en effet, des « booms », avec des musiques de hard rock, dont certains groupes chantaient des hymnes de louange à Satan… Je m’abreuvais de films d’horreurs, en nombres importants… Pourtant, à travers tout cela, Jésus ne me quittait pas, et préparait mon cœur, d’une façon que Lui seul connaît, à l’aimer un jour d’un Amour infini, qui, s’il ne pouvait être égal au sien – je n’étais qu’une poussière face à un géant… -, n’en était pas moins tout entier.

Puis un jour, ma vie changea. Car il me séduisit et m’attira à Lui de façon forte et pourtant progressive, à travers tout un parcours qui passa par des arts martiaux, et par une recherche de plus en plus spirituelle.

Mais cela ne fut pas sans idolâtrie. Je m’adonnais en effet, à des pratiques magiques qui me permettaient de passer sous les cascades chaque semaine, été comme hivers, de marcher pieds nus sur les braises, et d’autres choses de ce genre… Mais là aussi, Jésus ne me quittait pas… Puis vint le temps du bouddhisme tibétain, et je trouvais là, les « traces » de sa Présence miséricordieuse, par une compassion très forte pour autrui et pour soi.
Il y eut enfin le temps du christianisme, où les larmes de Marie, par le sanctuaire de la Salette, jouèrent un rôle si important pour briser cet orgueil dans la douceur. Marie me conduisit au monastère, et je pus enfin me donner tout entier à Celui que je désirais suivre depuis si longtemps sans le savoir, dans la joie d’une foi qui ne fera que s’approfondir de plus en plus, par la croix d’un Amour infini qui brûle et fait le cœur vivant et saint de toute l’Église…
Frère Philippe

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