• Cisterciens

    Les Cisterciens

    A Cîteaux en Bourgogne fut fondé le premier monastère cistercien au 12ème siècle par trois bénédictins, Saints Robert, Albéric et Etienne. Des Sœurs firent de même à l'abbaye de Tart. La simplicité est un valeur qui leur est importante.
    La mesure d'aimer Dieu, c'est d'aimer sans mesure
    Saint Bernard

Abbaye de Soleilmont

Ma semaine de découverte de la vie monastique à Soleilmont

Leyla temoignage SoleilmontCette semaine était pour moi une semaine de « re-» découverte de la vie monastique, étant donné que j’avais déjà fait cette expérience d’immersion une première fois, l’année précédente. J’y ai donc participé cette année dans une autre perspective, non plus celle d’une première approche mais avec l’envie d’approfondir ce à quoi j’avais déjà touché en partie lors de mon premier séjour à l’abbaye de Soleilmont. Nouvelle perspective aussi de par ma décision de cheminer vers le baptême...

Le travail, la prière et les discussions étaient bien sûr à nouveau au rendez-vous ! Cependant l’alternance entre ces trois dimensions de mon séjour m’est apparue avec un sens plus profond que l’année dernière. La règle de Saint-Benoît encourage à « vivre du travail de ses mains » : cela nous questionne, nous laïcs, dans notre propre rapport au travail. Vivre du travail de ses mains, c’est vivre simplement, « pauvrement » conformément aux vœux qui caractérisent l’entrée dans la vie monastique. Vivre du travail de ses mains, cela suppose aussi qu’on ne vit pas seulement du travail des mains d’autrui, mais qu’on participe à sa mesure à vivre et « faire vivre », en apportant dans le concret du quotidien de quoi trouver un équilibre entre les nécessités matérielles qui correspondent au minimum vital et un mode de vie qui tend à la simplicité et au dépouillement.
Ensuite, tout s’arrête à l’heure de la prière, le travail est suspendu pour faire place à Dieu.

À l’abbaye, vivre du travail de ses mains n’équivaut pas, en effet, à « gagner sa vie ». À ce propos l’Évangile selon Marc ne dit-il pas que « celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de la bonne nouvelle la sauvera » (8 :35) ? Ici, le travail peut attendre, mais Dieu n’attend pas : le travail permet de vivre, mais la source de vie, la Vie elle-même, c’est Dieu. Ici, on ne confond pas les deux.

Parallèlement, les différentes discussions que j’ai eues avec les sœurs de l’abbaye et avec l’aumônier m’ont permis d’enrichir ma réflexion sur la Croix, comme je m’étais résolue à le faire pendant cette semaine. En effet si le Christ a porté sa Croix, il nous appelle à faire de même : porter sa croix et Le suivre, c’est de cette manière qu’il appelle chacun à « perdre sa vie » pour la gagner en Dieu. Mais à quelles conditions? Je pense qu’on peut chercher une réponse à travers le mode de vie monastique, notamment parce qu’elle donne une grande importance à l’obéissance...
Ainsi le vœu d’obéissance se traduit par la confiance des sœurs envers celle qu’elles ont choisie comme « mère » : il s’agit bien d’un choix libre car cette dernière est élue. Or l’obéissance monastique peut aussi être inspirante pour des personnes, comme moi, laïques. Dans l’Évangile de Jean, Jésus lui-même apparaît comme un modèle d’obéissance lorsqu’il déclare « je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé » (6 :38). Une obéissance qui rime avec affranchissement, car je pense qu’une liberté qui serait fondée uniquement la volonté humaine n’est jamais totale. Elle conduirait à briser des codes, des lois, des règles ou à en choisir d’autres sans changement de fond. Mais la « loi » de Dieu, elle, est celle d’une libération constante et d’une liberté insaisissable parce que jamais définitivement acquise. Ainsi c’est en vertu de cette liberté que, par amour du Père et par amour pour nous, Jésus s’est donné sur la Croix. La liberté en Dieu et l’amour auquel Jésus nous élève ne sont pas dissociables. Obéir signifie ici s’affranchir de ses propres limites. Comme Jésus portant sa Croix, c’est finalement refuser d’être conditionné par le monde matériel, ce qui revient par exemple à refuser d’être l’esclave de la douleur ou de l’angoisse. Mais obéir revient moins à se résigner ou à « renoncer » qu’à poser un acte de confiance libérateur. De cette manière, dans le cadre de l’abbaye, comme j’ai pu le comprendre, avec l’aide de la mère abbesse, il s’agit de s’affranchir de ses penchants, de ses travers et de ses limites dans une perpétuelle conversion. Dans un cadre de vie laïque, cette obéissance peut prendre d’autres formes, mais elle aussi un chemin possible : on peut la conserver dans son cœur et essayer de la faire sienne au jour le jour. Dans un monde sécularisé où l’obéissance va souvent de pair avec la servilité, la vie monastique en offre un tout autre éclairage. Choisir d’obéir à Dieu est d’abord un acte d’amour pour Dieu et pour toute sa Création...

Pour conclure ce petit témoignage, cette deuxième semaine de découverte de la vie monastique à l’abbaye de Soleilmont m’a apporté énormément et à de nombreux niveaux. J’ai pu y approfondir et partager certaines de mes réflexions, découvrir de nouveaux aspects de la prière monastique avec une initiation à la lectio divina... Les chants pendant la messe et les offices sont aussi magnifiques et surtout c’est toujours un plaisir de retrouver les sœurs qui sont tellement accueillantes et souriantes. L’abbaye est vraiment écrin de calme et de paix.

Leyla (juillet 2016)

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