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jourdain abbaye maumont5° dimanche T O. Année C

  Lc. 5, 1-11                                                 

   La parole peut disperser ou rassembler, semer le trouble ou créer l’unité. Sa puissance est telle qu’elle nourrit même le silence sans l’altérer. Offerte à l’ouïe, elle s’adresse au cœur.

   La Parole de Dieu est appel à l’hospitalité. Un Autre vient. Qui la reçoit, reçoit Dieu. Qui la refuse, comme à Nazareth, refuse Dieu. Aujourd’hui, voici une communauté d’écoute : « la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu. »

   Le cadre est celui d’un lac, espace aéré et convivial.

    L’intimité prend de l’ampleur. Quelques versets plus loin en effet, ce n’est plus « la foule » mais « les foules » que Jésus « enseignait ». Or voici que Jésus s’adresse directement à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. » La parole est mise en dialogue. Premier indice que la Parole entendue, même si Simon jusque là semblait occupé à autre chose, peut devenir une parole adressée personnellement.

   Simon entre dans la parole de Jésus comme on entre dans un lieu sûr, alors même qu’il est en plein désarroi après une nuit infructueuse : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais sur ta parole, je vais jeter les filets. »jmclibrededroit0615

  Peut-être Simon n’en est-il qu’aux « confuses paroles » dont parle Baudelaire, quand il entend Jésus. Mais sa reconnaissance après leur accomplissement par « les filets qui allaient se déchirer » laisse apparaître non seulement l’intensité des mots prononcés par Jésus, mais leur capacité à opérer en l’homme une mise à nu de sa pauvreté radicale. A partir de là seulement, Simon reçoit sa mission et y consent avec ses compagnons : « Laissant tout, ils le suivirent. »

   jmclibrededroit0709Comment rejoindre cette parole de Jésus, cet appel si inattendu et toujours bouleversant autant de fois qu’il nous l’adresse jusqu’à provoquer notre transformation ?

  Le philosophe Jean-Louis Chrétien réfléchit ainsi sur sa réception « Nous avons des fleurs qui ne peuvent pas faner, des fleurs de parole, mais il a fallu pour cela que la fleur qui fane fanât complètement, et que fut dépassé le trouble qu’elle suscitait en nous ».

   N’est-ce pas ce que vit Simon en un moment si déterminant 

   N’est-ce pas ce que la Parole de Jésus, tout au long des évangiles nous apprend, ligne à ligne, mot à mot ?