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ascension du Mont Blanc   26° dimanche T.O. A

   Mt. 21, 28-32

OUI n’est pas le premier mot que j’ai prononcé dès mes jeunes années. NON est venu plus spontanément. Pour affirmer ma singularité, exprimer ma personnalité, ne pas entrer dans un cadre tout fait, concevoir ma liberté dans une indépendance hors moule familial, sociétal….

  Tout adolescent connaît ce passage obligé pour forger son être au monde. Puis vient le temps où OUI et NON s’entrechoquent. Bataille serrée de la maturité en croissance. Faut-il choisir l’un ou l’autre ?

   Moment des questions, des choix, des emballements parfois. Est-ce je prends le temps de peser le pour et le contre face à telle option qui se présente à moi ? Il y en a tant aujourd’hui. L’embarras du choix peut faire obstacle à un engagement qui orienterait mon avenir et lui donnerait sens pour que je sois vraiment celui ou celle que je découvre devoir être dans ce monde tel qu’il est.

   Il me faut dire beaucoup de NON pour pouvoir exprimer et affirmer un vrai OUI. C’est là que je deviens libre, que ma liberté est libérée, que mon OUI m’ouvre la voie. Si j’y marche, je m’y trouverai chez moi. Ce sera mon lieu et ce sera pour toujours. J’y serai heureux ! Mes OUI sont parfois vite dits : mais après !

  Mieux vaut un NON qui me donne du recul qu’un OUI prononcé sans réfléchir qui deviendrait un piège. Une impasse. En mettant en avant « les publicains et les prostituées », Jésus souligne que jusque dans leur égarement dans un OUI dévoyé, ils ont trouvé un autre chemin grâce à la prédication de Jean-Baptiste. Elle a touché leur cœur, là où, selon la Bible, tout humain prend ses décisions. Leur NON à leur premier OUI les a sauvés.

vignoble abbaye maumont  « Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne ». Celui-ci répondit : « Je ne veux pas ! » Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla ! » Un appel, un refus, un consentement. Ma nuit n’est jamais complète. Mes résistances m’appartiennent.

  Je suis libre de les entretenir ou de les rompre. Même appel pour l’autre fils : « Oui, Seigneur ! Et il n’y alla pas ! » Répondre trop vite, sans réflexion suffisante, révèle souvent mes limites dont je n’avais pas pris conscience. Certains parleraient de lâcheté dans cette attitude où la duplicité et l’apparence prennent le pas sur la sincérité et la disponibilité bien discernée.

  Le premier fils a pris le temps du repentir avant de revenir. Le second a réagi spontanément, mais après…. ! Il n’a plus retrouvé que lui-même et son horizon s’est réduit. Le NON du premier fils dévoile le panorama, la vue imprenable du OUI qui le réintègre dans la véritable filiation dont s’est coupé son frère.

  Le père ne rejette pas celui-ci. Il ne lui fait aucun reproche. Tel est notre Dieu qui nous prend au sérieux, chacun, chacune. Son unique désir n’est-t’il pas de nous combler tous de sa plénitude. ? Il n’attend que notre consentement et prend patience envers nous. 

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