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 « Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force. »
 

Aujourd’hui, je voudrais vous partager ma réflexion sur la mission du Serviteur. Dimanche, on voyait  le Serviteur en proie au doute, les hommes, ses amis sa force et même Dieu lui-même semblaient se tenir à l’écart de son mal. Son cri « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné atteste son désarroi. Hier, Je vous parlais d’un rêve, d’une présomption, une erreur… Tout semble être le contraire de tout ce qui a été son assurance jusqu’il ! Il est un peu comme le psalmiste du psaume 37 que nous aurons dans la liturgie des Heures ces jours-ci : «Brisé écrasé à bout de force, mon cœur gronde et rougit. Le cœur me bat, ma force m’abandonne. Et même la lumière de mes yeux ! Amis et compagnons se tiennent à distance, et mes proches, à l’écart de mon mal. » (Ps 37, 10 et 12…) Tout dans la liturgie de samedi dimanche nous conduisait au premier dimanche de Carême, le dimanche des tentations « Si tu es le Fils de Dieu… » disait le Diable à chaque fois pour faire tomber le Christ.
 
Mais depuis lundi, on a l’impression que le voile commence à se déchirer ; même si la situation regardant les amis et les proches et les adversaires ne va qu’en s’empirant, le Serviteur est confirmé par le Seigneur lui-même. Du fond de son cœur, il sait qu’il doit avancer même si tout autour de lui dit le contraire ! Et cela c’est grâce à la première lecture que nous écoutons depuis lundi : « Mon Serviteur va triompher, grandir et se lever, monter très haut ! » A son serviteur complètement découragé, celui-là même qui criait samedi et dimanche passé : « Mon Dieu mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné » Le Seigneur répond : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur. J’ai fait reposer sur lui mon esprit ; aux nations, il proclamera le droit. […] « Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice ; je te saisis par la main, je te façonne, je fais de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations : tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et, de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres».  Le Seigneur est donc tout proche et soutient son serviteur car il a un projet très grand à son égard : Il fait de lui «l’alliance du peuple et, la lumière des nations »
 
Dans la lecture de mardi, l’Elu avait comme perçu le soutient du Seigneur ! On avait un homme décidé qui avance sans peur vers sa mission. Il est sûr du Seigneur et il sait qu’il ne sera pas confondu ! Il dit : Le Seigneur m’a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma splendeur. » Et plus loin dans ce chant du Serviteur il dit : Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force. Et il (le Seigneur) dit : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob, ramener les rescapés d’Israël : je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. » Non seulement il a compris que le Seigneur ne peut pas l’abandonner car il l’a choisi depuis le sein de sa mère et il lui a confié la Mission de relever les tributs d’Israël et il fait de lui la lumière des nations, mais aussi il  affirme avec foi : Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force. »  
 
C’est cette conviction qui va l’aider à avancer malgré l’adversité, malgré la dureté de son chemin ! Aujourd’hui dans le Chant du Serviteur que nous avons, il affirme : « Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu. [ …] Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense ; qui donc me condamnera ?» Cette certitude se lit sur le visage du Crucifié sur diverses représentations que les artistes nous mettent à la disposition de notre contemplation. Le Christ tout souffrant qu’il est dans sa passion, sur son visage on ne lit aucune trace de haine ni de violence car il sait ce que le prophète nous dit ce matin : je sais que je ne serai pas confondu. Car c’est Dieu lui-même qui prend sa défense !   Puissions-nous en ce jour et tout au long de ces jours saints, avoir la certitude du Christ ! Puissions-nous marcher sur ses traces sans faiblir car comme nous dit Pierre « il nous a marqué le chemin afin que nous allions sur ses traces. » Puissions-nous vivre en croyants, sûrs que quoi qu’il arrive, le
Seigneur est avec nous, nous n’avons rien à craindre car comme le dit le Serviteur : Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force. »  
 
La phrase qui me vient à l’esprit avant de vous quitter est celui que les disciples disaient à l’aveugle qui demandait de l’aide à Jésus : « Courage, il t’appelle » Oui, à toi aussi qui me lis ce matin je te le dis : « Courage, il t’appelle » et avance avec assurance vers lui !