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jeune grappe abbaye maumont   25° dimanche T.O. A

  Mt. 20, 1-16

  Le regard est un lieu magnifique d’émerveillement. Il sait nous ménager bien des surprises heureuses. Ainsi bien orienté, il devient paisible, ajusté.

  Mais reconnaissons-le : ce regard pur n’est pas toujours instantané. Pourtant, il se révèle tellement libérateur ! Est-ce que je prends le temps de m’interroger sur le regard que je pose sur telle personne lorsque je perçois qu’il n’est pas positif, qu’il juge, compare et peut aller jusqu’à se détourner ? A moi de reprendre la balle dans mon camp. C’est là que se joue la partie.

    Un retournement va s’opérer, non sans mon consentement, sans un combat, puisque ma liberté est engagée. Rien de magique. Un travail sur l’humain que je suis est indispensable, justement parce que la même pâte humaine me relie intimement à tous mes frères et sœurs. Mon regard ne peut demeurer figé, fermé trop longtemps sous peine de perdre de sa beauté. Et plus il s’exercera à se purifier, plus il pacifiera les relations. La comparaison est le pire ennemi qu’il faut sans cesse repousser. Il me fera toujours penser que je suis lésé, que je ne reçois pas en proportion de ce que je donne, que d’autres sont préférés et avantagés par rapport à moi… La liste des griefs pourraient s’allonger encore. jeuns accueil abbaye maumont

   Disons-le franchement : personne n’échappe à ce genre de raisonnement destructeur qui peut nous transformer en personnes chagrines, tristes. La jalousie n’est jamais loin, prête à nous instiller dans l’oreille un venin qui pourrait être mortel si je ne le chasse pas au plus vite. Tout se joue là peut-être. Il faut réagir rapidement, ne pas attendre qu’il parte tout seul. Une fois installé, il a bien l’intention d’occuper la place. Me voilà pris au piège.

  Jésus nous met en situation dans la page d’Évangile que nous méditons aujourd’hui. Il est bien vrai que l’égalité est respectée à partir du contrat passé le matin avec les premiers ouvriers embauchés à la vigne : « Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent ». En fin de journée, « chacun reçut une pièce d’un denier ». Reste que le temps de travail n’est pas le même.

   raisin abbaye maumontVais-je regarder le Royaume de Dieu comme ma feuille de paye ? Certes, « tout travail mérite salaire », mais ce qui est engagé pour Dieu ne se monnaye pas. Le Royaume se situe en marge de toute chronologie et donc en marge du temps. Certes, nous avons besoin de mesure dans nos vies, mais Dieu, à son aune, n’a précisément besoin d’aucune mesure. C’est ce besoin qui fait toute la différence.

 Les derniers venus de la parabole se présentent comme des oubliés, des laissés pour compte : « Personne ne nous a embauché ». Insupportable pour le Maître de la vigne ! Le Royaume ne saurait laisser personne dehors. Il est ouvert à tous et tous y ont accès. Dès aujourd’hui.

  Qui mieux que Dieu peut savoir ce qu’une telle attente signifie ? « Sans doute, l’avez-vous remarqué, écrit Christian Bobin, notre attente est toujours comblée par surprise. Comme si ce que nous espérions était toujours inespéré. Comme si la vraie formule d’attendre était celle-ci : Ne rien prévoir – sinon l’imprévisible. Ne rien attendre – sinon l’inattendu ».

 

    « Tu es le Dieu de l’inutile. De rien, tu sais faire quelque chose. Et tu recycles nos temps perdus en le faisant entrer dans ton Éternité. » (Marion Muller-Collard)

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