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                                  12° dimanche T.O.   B

   Mc. 4, 35-41                                                       

   Rappelons-nous ces grands moments de calme, où tout semble s’arrêter. Ces matins clairs où le chant des oiseux éveille nos sens et laisse en suspens l’aube qui point déjà.

   Se désaltérer de l’air parfumé revigore nos forces. Nous voici dans les meilleures conditions pour accueillir les heures qui viennent, portés par « cette confiance qui fait de chaque jour nouveau un même jour originel » (Pierre Emmanuel). « Passons sur l’autre rive ».

    Faut-il vraiment quitter, se détacher de ce premier bonheur ?

    Cet appel coupe la méditation et plonge dans la réalité. Qui ? Les disciples d’abord qui ont écouté Jésus « toute la journée », et nous avec eux. Qui pense durer dans la tranquillité est vite ramené à la mobilité dont la mer est l’exemple parfait. Flots déchainés, vent contraire, tout s’en mêle ! Surgit, soudainement, un inattendu à hauts risques dont les disciples, pourtant hommes de la mer, ne peuvent se rendre maître. Sans doute, est-ce la raison pour laquelle, ils appellent Jésus à l’aide en l’interpellant : « Maître, nous sommes perdus, cela ne te fait rien ! » alors que lui-même « dormait sur le coussin à l’arrière ».jmclibrededroit0882

    C’est dans les paradoxes les plus flagrants que Jésus est là, surtout quand nous le pensons absent, indifférent, lointain. Aussitôt, il agit : « Il menaça le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! »

   La foi n’est pas confortable ! Elle naît et grandit dans et par l’épreuve, j’oserais dire, grâce à l’épreuve. La foi ne protège pas de l’épreuve. Elle n’est pas une assurance tout risque qu’il suffirait de faire valoir quand le danger est là.

   vague bleue abbaye maumontJ’entends le témoignage de mères de famille ayant vécu la très grande détresse face au deuil de leur enfant ou de plusieurs de leurs enfants. Toutes disent combien elles en ont été changées. Et je témoigne à mon tour de la profondeur de leur réflexion mûrie par ce passage, par ce creuset qui met à nu toute la fragilité humaine.

  Elles ne disent pas que leur foi les a aidées ! Elles disent que l’épreuve les a ouvertes à la foi en Celui qui semblait dormir et qui pourtant s’est montré à elles tellement présent.

   Et leur réaction est bien celle des disciples : non pas s’interroger sur la tempête qu’elles ont vécue mais sur Celui qui était là : « Qui est-il donc, celui-ci ? »

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