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fleur abbaye de maumont   32° dimanche T.O.   B

   Mc. 12, 38-44                      

L’émerveillement abaisse le regard à hauteur d’humanité et le hausse jusqu’à l’imperceptible invisible. La grandeur n’atteint pas la beauté toute simple d’une fleur des champs, d’un arbre en automne, d’un geste juste. Là où la simplicité d’être se laisse deviner et apprivoiser, là naît et demeure l’authenticité. Dans les mille replis des extérieurs factices gît la plus subtile misère de n’être même plus humain. Jésus regarde du côté de la liberté qui ne s’arrête pas au quantitatif mais lui préfère le qualitatif. Dans une posture de retrait de soi.

    La valeur du don n’a d’égal que le degré de désappropriation qui l’accompagne. « Une veuve, pauvre », passe dans récit de Marc, inaperçue de tous, sauf de Jésus. Elle n’a pas de nom. Elle ne fait que passer. Jésus ne lui adresse pas la parole mais la fait exister aux yeux de ses disciples. Elle n’est plus « UNE veuve, pauvre », quelconque. Elle devient « CETTE veuve, qui est pauvre ». Nous la voyons clairement dans le regard de Jésus.défragmentation coeur abbaye maumont

   Avec lui, nous sommes devant le Trésor du Temple, où littéralement, « beaucoup de riches jettent beaucoup (d’argent) ». Loin de désapprouver leur générosité prise sur leur « surplus », il préfère orienter vers celle qui « a jeté plus… » qu’eux tous, cette veuve pauvre qui a donné « de son manque, tout, autant qu’elle avait, elle a jeté (dans le Trésor), sa vie entière/toute sa vie » (Trad. Litt.).

   Alors que nous abordons les derniers chapitres de l’évangile de Marc avant la Passion, ne pouvons-nous pas rapprocher cette femme, placée au premier plan par Jésus, d’une autre femme, celle de l’onction à Béthanie au chapitre 14, qui vient, portant « un parfum de nard authentique, de grande valeur » oindre la tête de Jésus, pour elle, le véritable Temple, le Trésor du Temple. Cette femme anonyme, comme celle de la méditation de ce jour, offre tout ce qu’il y a de plus précieux, l’expression la plus parfaite de son attachement, celui dont les femmes ne pourront faire offrande après la mort du Maître (Ch. 16).

christ icone abbaye maumont  Enfin, serait-ce aller trop loin que d’associer, dans le contexte que nous venons d’évoquer, cette veuve et Jésus dans le don total de sa vie, de voir à travers elle une icône vivante de celui qui, ayant tout quitté,

dépouillé à l’extrême,

donne à sa mort le sens ultime de l’offrande de toute une vie que plus rien ne retient en ce monde,

totalement abandonnée entre les mains du Père !

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