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fleurs roses abbaye maumont8° dimanche T.O.  Année C

   Lc. 6, 39-45                                          

   La lumière est la première des réalités créées dans le récit de la Genèse. Présidant à tout, sans elle, nous le savons, aucune vie ne peut se développer. Notre marche se fait alors hésitante, rendue parfois impossible et même dangereuse quand seule la nuit devient notre horizon. Malvoyants bien souvent, bien que les yeux grands ouverts, nous errons, privés de la vue primordiale, loin de soi, loin de l’autre, loin de tout.

    Le panorama se fige : nous n’avançons plus ou seulement à grand peine. La limite s’impose. L’obstacle nous guette, la chute n’est pas loin. C’est bien souvent notre expérience. Et pourtant, nous sommes faits pour la lumière ! Dès lors, n’hésitons plus un instant ! Comme le dit saint Benoît dans la Règle des Moines : « Ouvrons les yeux à la lumière qui divinise ! »

   Qu’il est beau le regard qui envisage, sans dévisager ! Visage à visage qui se livre sans réserve. Un sourire peut en faire naître un autre. Alors surgit la lumière sans ombre que rien ne trouble. Plus de poutre pour juger l’autre ! Quel combat ! Oui ! Nous pensons voir et nous ne sommes pas toujours bienveillants.enfants abbaye maumont

  Ce constat ne doit pas nous décourager. Au contraire, il est le vrai commencement de la vigilance qui peut nous rapprocher, au moins un peu, et de plus en plus, de celui qui a dit : « Moi, je ne juge personne ! » (Jn. 8, 15) D’où l’encouragement reçu de Jésus dans la page d’Évangile de ce jour : « Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; MAIS une fois bien formé, chacun sera comme son maître ». C’est-à-dire, enfin libéré de tout jugement hâtif et arbitraire.

  « Qui suis-je pour juger ? » répète souvent le pape François. Il nous est donné d’entrevoir ici ce qui nous humanise : relativiser, accueillir, faire confiance. Aller et porter le seul bon fruit qui vaille : aimer sans réserve, au-delà des apparences. Seulement et seulement si je consens à ce que je suis, moi-même, pécheur pardonné, en chemin de croissance humaine et spirituelle.

  Alors peuvent naître la compassion, la consolation, un regard bien plus vaste que ce qui met à l’étroit selon des critères destructeurs des liens nécessaires entre nous. « Un Ailleurs au-dedans de nous » (Lytta Basset).

christ freres accueil abbaye de maumont 

   Que les images fortes de Jésus dans ces versets nous stimulent à ne pas baisser les bras quand la lassitude devant notre cécité nous pèse.

  Levons notre regard vers Lui, et de lui, nous recevrons son regard de paix sur nous.

  Et nous pourrons l’ouvrir largement !

  Nous deviendrons le regard qui espère !