Une éthique orientée vers une vie bonne !

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  Mt. 22, 15-21

  Qui veut piéger est souvent piégé à son tour. Jeu d'ombre et de lumière ! Quand ce sont des choses essentielles qui sont mises en cause, cela peut aller très loin. Ce n’est pas un jeu d’enfants et pourtant je peux considérer comme tel des réalités qui appellent ma responsabilité et ma liberté. Tout n’est pas à mettre au même niveau. Une facture à payer, ma foi en Dieu ne requièrent pas un engagement d’égale valeur.

   J’ai ma part à allouer dans le politique, la vie de la cité, de la nation dont je suis citoyen pour une juste répartition des biens, qu’ils soient financiers ou optionnels, dans mes choix électoraux. Cela va de soi. La société ne peut se passer de moi et je ne peux m’exclure moi-même d’une communauté de vie, si vaste, qu’il m’arrive d’oublier que j’en fais partie. La vie sociale a toujours été respectée dans la Bible. Pensons aux « Dix Paroles » (Ex.20 et Dt. 5) où il est dit que Dieu et les hommes sont dignes d’égards.

    Ce texte n’est pas caduc et son actualité au contraire est lumière vive sur ce que l’on pourrait appeler une vie bonne en ce monde. Quand la Bible sépare, c’est pour mieux unir. Les récits de création de la Genèse nous le disent si bien ! Chacun peut dire, croyants ou non, qu’il se sent concerné par ce qui peut l’aider à cultiver ses dons essentiels pour entrer et rester dans une dynamique qui est refus de la convoitise sous toutes ses formes. Une cohérence peut en naître entre ma liberté sans cesse en croissance et le bien commun.

   La réponse de Jésus à ceux qui l’interrogent : « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? » rejoint cette séparation première. L’impôt à César est un dû, même si, comme c’est le cas, ce César est l’occupant. Mais Dieu n’est pas un envahisseur, ni un prince qui, au nom d’un pouvoir que je pourrais limiter à qu’il est dans le monde d’ici-bas, réclamerait quelque chose de ma part. Dieu n’attend rien de moi, mais seulement un mouvement intérieur qui réponde à son amour, offert gratuitement.

   Quand Dieu donne, il dépasse les bornes, il déplace mes bornes ! Est-ce que je sais le voir pour réévaluer la grande force de l’Évangile qui souvent me « décoiffe », toujours irrésistible pourtant ! Jésus ne met pas en balance deux mondes, comme voudraient le faire ses détracteurs. Il y aurait pour eux d’une part le « profane » et d’autre part le « sacré », deux catégories, bien pratiques, pensent-ils, pour organiser les domaines, mais qui ne correspond pas aux fondements du judaïsme. Jésus veut peut-être les faire accéder à une autre manière d’envisager ce qui est essentiel pour construire une vie ensemble, où chaque valeur soit respectée pour elle-même, et trouve sa mesure et sa place.

   Trois niveaux seraient porteurs de sens pour sortir d’une dichotomie mutilante : le désir de la vérité qui fonde la réflexion humaine, la manière de vivre juste qui oriente l’agir humain, l’expérience de Dieu dans ce qu’elle a de singulier pour chacun. Nous sommes bien loin d’une réponse facile de la part de Jésus. Il y va de la responsabilité de chacun, dans un engagement personnel vers une vie bonne où chaque sphère demande sans cesse à être revisitée pour qu’un équilibre soit ajusté, autant que faire se peut.

   jmclibrededroit0098Ces trois éléments peuvent aider à lire la Règle de saint Benoît et à lui donner toute son actualité.

  De plus en plus de laïcs y puisent d’ailleurs des moyens de se situer dans les réalités les plus concrètes de leur vie, à commencer par des chefs d’entreprise. Ils y trouvent, comme dans l’Évangile une éthique orientée vers une vie bonne !

  C’est ouvert à tous !!!

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