• Carmélites

    Les Carmélites

    Aux 12ème siècle, s'inspirant du prophète Élie, des ermites vivent dans les grottes du Mont Carmel, insistant sur la prière. Au 16ème siècle, Sainte Thérèse d'Avila et Saint Jean de la Croix fondent les Carmes déchaussés.
    Aimer, c'est tout donner et se donner soi-même
    Sainte Thérèse de Jésus

Carmel Notre-Dame de Surieu

Profession solennelle au Carmel de Surieu

carmel de surieu - Profession solennelle au Carmel de SurieuSœur Dominique de la Résurrection

“Enfin après un long chemin qui peut comprendre ? Je suis à toi pour toujours et à jamais. Tu daignes te pencher sur la moindre de tes créatures, tu me tends la main – Je veux ne jamais la lâcher. Ce que je possédais est désormais néant à mes yeux. Sans bruit, j'ai laissé derrière moi ce que j'aimais jadis. Je te livre entièrement ma volonté, elle est à toi, prends tout, je te le donne pour toujours.”

Édith Stein écrivait cela en 1929. Un texte que je découvrais quelques années après mon entrée au Carmel.

carmel de surieu - Profession solennelle au Carmel de SurieuLe Christ me tendait la main à chaque traversée d'un instant de ma vie. Je détestais “rester sur le bord” d'un projet ou d'un reportage, d'une rencontre. Courir vers la vie, dans la vie... cette fois pour vivre debout... Non, s'arrêter, écouter pour vivre debout, j'arrivais à un autre tournant de ma vie. Dieu s'avançait-il vers moi en me tendant une perche au milieu de ma course effrénée et dangereuse ? M'attendait-il depuis longtemps ? En me retournant sur ce chemin vécu sur ce sable mouvant qu'était cette vie, je m'aperçus assez vite qu'il y avait eu deux traces de pas, la mienne et celle de quelqu'un de bien vivant mais discret. J'eus très souvent la sensation d'être très seule dans ce quotidien brusque.

Un appel qui ne ressemblait à aucun autre. Intérieur et n'appartenant qu'à moi-même. Arrivée totalement vidée au rendez-vous d'aumônerie, Dieu prit le fardeau de mes soucis du moment, et surtout toute ma fatigue sur son dos !!! Délivrée, j'étais dans une paix et une joie inimaginables, intenses. Saisie et bluffée, je n'avais pas prévu cet appel, ni ce décrochage qui suivrait. Tout se dénouait. J'ai compris que Dieu m'appelait. Mais où ? Qui rejoindre ?

carmel de surieu - Profession solennelle au Carmel de SurieuDieu allait me le donner assez rapidement. Je compris que je ne partirai pas accompagner les JMJ à Cologne, Dieu me dessinait un chemin. Partie en recherche sur le web, je frappais à la porte d'une communauté de frères carmes très proche de mon appartement, dont j'ignorais jusque-là l'existence. Je découvrais la cohésion communautaire dans la liturgie du milieu du jour, simple et profonde, l'Oraison après les vêpres.  Possible pour moi ? Dieu me fit comprendre que oui.

J'avançais sur le chemin du Carmel pas à pas. Cela réveillait ma joie de m'ancrer dans la parole de Dieu goûtée dans le silence, dans une relation intime avec Dieu tout en gardant les pieds sur terre. Franchir le pas m'apparut réalisable. Rencontrant la sœur à l'accueil ici, j'ai été très attirée. Je reconnus assez vite que Celui qui m'avait appelé, Dieu, me tirait ici. En arrivant, j'investissais dans quelques travaux de débroussaillage, de nettoyage de petits chemins, d'arbres fruitiers. Le début de la Genèse me venait à l'esprit. Je quittais les sœurs une première fois avec un : “À bientôt sans doute !”.

carmel de surieu - Profession solennelle au Carmel de SurieuLa joie des sœurs débordait de la prière eucharistique, des offices et aussi de leur travail ! Chacune se rendait à son atelier. Chacune travaille avec ses qualités et dons qu'elle met au service de la communauté, au service du Christ dans le silence. Nous nous retrouvions ensuite aux Vêpres, puis à l'oraison, à nouveau du silence, une halte de conversation d'amitié avec le Christ pour souffler, se rendre disponible toute entière à Lui. Je m'aperçus de la grâce de ce moment si particulier qui me rendait libre. La beauté des lieux et l'espace de ce Carmel me donnaient la trace de Dieu. Je n'ai craint l'espace clos. Dieu savait où il m'envoyait.

Le Seigneur m'accueillait entière avec tout ce que j'étais. Il m'emmenait dans un voyage d'une autre nature !!! Avant d'entrer je n'avais pas pris attention à ce que j'étais. J'acceptais de ne rien savoir et de partir à la découverte pour m'abandonner à carmel de surieu - Profession solennelle au Carmel de SurieuCelui qui guérit. J'ouvris les yeux sur mes fragilités et mes brèches abîmées, mes combats intérieurs. La connaissance de mes limites m'apportait d'accueillir les limites des autres. Avais-je pris conscience de l'élan vital donné par cette découverte ? Non, mais Dieu me donna la solution. Aimer et pardonner, s'accepter et vivre avec l'autre en s'ajustant en permanence. Là, la vie fraternelle pose ses bases, l'édifice se construit dans le chemin de la foi, de l'espérance. J'expérimente avec une joie immense le “vécu d'être en communion avec”. La gratuité du don dans le moindre geste simple de la vie quotidienne qui fait grandir l'autre, un don par Dieu, pour Dieu à l'autre... À l'Autre.

Le temps ? Il y a un temps pour tout, le temps de l'homme et le temps de Dieu... Dieu répond à l'homme à sa mesure qui me dépasse. Je passais donc un premier col, celui de la prise d'habit et je recevais le mystère, la Résurrection. J'entamais ma montée vers le deuxième col, mes vœux temporaires, puis je continuais mon ascension en cordée avec mes sœurs d'un pas appuyé sur un Dieu amour qui appelle à un toujours plus libérateur et miséricordieux dans le don de soi, du partage entre sœurs, de la présence aux récréations et aux travaux communautaires distribués, dans la communion avec des gens de partout dans le monde. Par la réponse, qui est clé de ce voyage pour Dieu, par Dieu pour les autres. Je désirais embrasser une multitude de nationalités, Dieu m'en donna une : celle du Carmel. Je rends grâce au Seigneur pour ma profession solennelle en ce 31 août 2013.

Sœur Dominique de la Résurrection

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