• Bénédictins

    Les Bénédictins

    Saint Benoît fonda le premier monastère bénédictin au 6ème siècle au Mont Cassin en Italie. Aujourd'hui encore, les frères et sœurs vivent selon sa Règle. L'Abbaye doit être une école de charité d'où rayonne la paix.
    Les moines ne préfèreront rien à l'amour du Christ
    Règle de Saint Benoît

Abbaye la Paix Notre-Dame

MISERICORDIA

L’Eglise Catholique célèbre en 2016 une année jubilaire de la Miséricorde, selon le désir du Pape François. Lui-même, pour présenter ses vœux aux membres de la Curie romaine, a exposé les attitudes qu’il attend de ses collaborateurs sous forme d’acrostiche, à partir des lettres du mot Miséricorde, en latin MISERICORDIA. Nous avons choisi de reprendre cette idée pour vous faire partager l’essentiel de ce qu’est notre vie monastique bénédictine.

M comme MOINE
Qu’est-ce qu’un moine, une moniale ?

Nous faisons nôtre la définition qu’en donne à ses frères, dans sa catéchèse 39, Saint Théodore Studite, une des plus grandes figures de l'Église byzantine (né en 759, mort en 826) :
paixnd religieuse« Mes frères et mes pères,
il n’est rien de plus heureux que notre vie,
rien de plus sublime que notre profession,
si elle répond vraiment au nom que nous portons.
Le moine est un homme qui ne voit que Dieu seul,
qui ne désire que Dieu seul,
qui ne songe qu’à Dieu,
qui n’a d’autre souci que de servir Dieu,
qui est en paix lui-même avec Dieu et met la paix parmi les autres hommes. »

I comme INFINI
Le moine, la moniale, est un être captivé, saisi par l’infini de Dieu : « Dieu a mis dans mon cœur une soif d’infini et un grand besoin d’aimer que Lui seul peut rassasier », disait la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité, moniale carmélite. Saint Benoît, dans sa Règle, dit de celui qui se présente pour devenir moine qu’on devra avant tout discerner « s’il cherche vraiment Dieu » (RB 58). Cette recherche de Dieu, Infini, Transcendant, se vit avant tout dans la prière, sous une double forme : la louange divine quotidienne chantée en chœur, au nom de toute l’Eglise et de toute l’humanité, sept fois par jour, à laquelle Saint Benoît enseigne « qu’on ne doit rien préférer » (RB 43), et le cœur à cœur silencieux de chaque moine avec son Dieu dans l’oraison.

S comme SERVICE et STABILITÉ
Au Prologue de sa Règle, Saint Benoît définit le monastère comme « une école du Service du Seigneur ». Par toute sa vie, le moine s’attache au Christ Serviteur, venu dans le monde pour faire la volonté du Père, et il marche à sa suite. De cet attachement, Saint Benoît lui fait prononcer un vœu : le vœu de stabilité, qui le lie au monastère dans lequel il s’engage, c’est-à-dire à une communauté vivant la vie fraternelle en un lieu qui devient le sien pour toujours.

É comme ÉCOUTE et ÉVANGILEsaintbenoitecoute
« Écoute bien, mon fils, les leçons du maître, incline l’oreille de ton cœur, accueille volontiers les avis d’un tendre père et mets-les effectivement en pratique… » Tels sont les premiers mots du Prologue de la Règle de Saint Benoît. Écoute de Dieu dans sa Parole, lue, méditée et priée dans la «Lectio Divina» quotidienne, écoute de Dieu dans les paroles de ceux qui le représentent auprès du moine, écoute de Dieu dans les rencontres avec ses frères, dans sa création, et dans tous les événements de sa vie. Écoute qui demande qu’il vive dans le Silence, extérieur et intérieur, qui lui permettra « d’avancer sur ses chemins, sous la conduite de l’Évangile, afin de mériter de voir un jour Celui qui nous a appelés dans son Royaume.» (RB Prologue)


R comme RÈGLE
Saint Benoît nous enseigne qu’il existe diverses sortes de moines, et il écrit sa Règle pour ceux que l’on appelle les cénobites, qu’il définit ainsi : « ceux qui vivent dans un monastère, sous une règle et un abbé. » (RB 1)
La Règle : « En toutes choses, tous suivront la Règle comme maîtresse, et personne ne se permettra de s’en écarter à la légère. Que nul, au monastère, ne suive la volonté de son propre cœur. » (RB 3) Au début de la Règle, Saint Benoît encourage le nouveau venu à la vie monastique, en lui recommandant de « ne pas fuir, frappé de terreur », si sur ce chemin, « il se présente quelque chose d’un petit peu rigoureux ». « car à mesure que l’on progresse dans la vie religieuse et la foi, le cœur se dilate et l’on court dans la voie des commandements de Dieu, dans l’ineffable douceur de l’amour. » A la fin de la Règle, il encourage encore son disciple en lui disant : « Qui que tu sois donc, qui te hâtes vers la patrie céleste, accomplis, avec l’aide du Christ, cette petite Règle élémentaire écrite par nous. Et alors, sous la garde de Dieu, jusqu’aux plus hautes cimes de la doctrine et des vertus que nous avons mentionnées ci-dessus, tu parviendras. » (RB 73)
L’Abbé : c’est celui que le choix de Dieu, exprimé par celui de ses frères, a mis à la tête du monastère. Saint Benoît lui consacre deux chapitres entiers de sa Règle (RB 2 et 64), lui montrant longuement comment il doit vivre cette lourde responsabilité : en tout, il doit être présence du Christ au milieu de ses frères : dans son enseignement, dans ses décisions, dans l’écoute de ses frères, dans sa sollicitude pour chacun, dans les corrections nécessaires, dans le soin des plus faibles. Aux frères, Saint Benoît demande de « croire que l’abbé tient la place du Christ dans le monastère » et « d’obéir en toutes choses à ses ordres », car « de même qu’il convient que les disciples obéissent au maître, de même faut-il que le maître dispose toutes choses avec prévoyance et équité. »((RB3)

I comme INFIRMITÉS
Saint Benoît manifeste une grande attention aux personnes, avec leurs infirmités physiques, morales et spirituelles. Des malades, il dit « on prendra soin des malades avant tout et par-dessus tout, les soignant comme s’ils étaient le Christ en personne, puisqu’il a dit : ‘J’ai été malade et vous m’avez visite’, et ‘ce que vous avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait.’ » (RB 36) Et à tous les frères il recommande : « ils supporteront très patiemment les infirmités d’autrui, tant celles du corps que celles de l’esprit. » (RB 72)

C comme COMMUNAUTÉ et CONVERSIONpaixnd travail
La communauté bénédictine est une famille où tous vivent en Frères, sous la conduite d’un Père. Une petite remarque statistique nous le prouve : dans notre Règle le mot de frère revient 91 fois, celui de moine 37 ! Cette vie fraternelle est un soutien pour chacun dans le don de soi-même à Dieu, dans la consécration de tout son être par la chasteté, comprise dans le vœu de Conversion de Vie, par lequel le moine, la moniale s’engage à toujours tendre vers le Christ, de plus en plus. Ce don total de soi s’exprime par le service mutuel, la communauté vivant du travail de tous. « Ils seront vraiment moines s’ils vivent du travail de leurs mains. » (RB 49)

 

O comme OBÉISSANCE
Trois chapitres de la Règle de Saint Benoît nous enseignent l’obéissance (5, 68, 71). Ils nous la montrent comme la marque de « ceux qui n’ont rien de plus cher que le Christ ».  Elle est un « bien », qui doit « être rendu par tous, non seulement à l’abbé, mais aussi entre eux », « sachant que, par cette voie de l’obéissance, ils iront à Dieu. » Obéissance « sans délai, sans trouble, sans lenteur, sans tiédeur, sans murmure, sans réplique ni refus », mais « de bon cœur… car ‘Dieu aime celui qui donne avec joie’ » Obéissance même « dans les circonstances pénibles et contrariantes » (RB 7,4ème degré). Obéissance enfin même « s’il arrive qu’on commande à un frère des choses difficiles ou impossibles. » Dans ce cas, après avoir reçu l’ordre « en toute douceur et obéissance » le frère dira humblement et patiemment pourquoi cela dépasse la mesure de ses forces. Et ensuite, si l’ordre est maintenu, « il obéira par amour, en mettant sa confiance dans l’aide de Dieu. »


R comme RENONCEMENT
Le moine doit « se renoncer à lui-même pour suivre le Christ » (RB 4), qui « n’a pas retenu le rang qui l’égalait à Dieu, mais s’est anéanti lui-même en se faisant semblable aux hommes. » Par ce renoncement à sa volonté propre, à toute recherche de lui-même, le moine, à la suite du Christ, gravit l’échelle de l’humilité. (RB 7). Il vit pauvre, à la suite du Christ pauvre, ne possédant rien en propre, « absolument aucun objet, absolument rien, puisqu’il n’est même plus licite aux moines de disposer eux-mêmes ni de leur corps ni de leur volonté. » (RB 33). Ainsi la communauté monastique vit selon le modèle de la première communauté chrétienne de Jérusalem : « Que tout soit commun à tous, comme il est écrit, en sorte que personne n’appelle sien et ne s’approprie quelque objet. » «  Toutes les choses nécessaires, ils doivent les attendre du père du monastère. » » (RB 33) « On fera comme il est écrit : ‘On distribuait à chacun selon ses besoins. » (RB 34)

D comme DISCIPLE
Si le monastère est une école, le moine est un disciple, qui apprend de son maître « ce qui est bon et saint ». « L’abbé ne doit rien enseigner, établir ou commander qui s’écarte des préceptes du Seigneur ; mais ses ordres et ses instructions doivent se répandre dans les âmes de ses disciples comme un levain de la justice divine. » (RB2). De son côté, l’attitude du disciple sera faite de docilité, de dépendance confiante, de déférence.

I comme INSTUMENTS
Saint Benoît voit aussi le monastère comme un « atelier », « où l’on exerce avec soin l’art spirituel » (RB 4), où le moine est « ouvrier du Seigneur, purifié par l’Esprit Saint de ses vices et de ses défauts ». (RB 7) Pour cela il lui fournit une sorte de boîte à outils, 74 « instruments des bonnes œuvres ». Citons-en quelques-uns :
« Ne rien préférer à l’amour du Christ. », « Mettre en Dieu son espérance »
« Si l’on voit en soi quelque bien, le rapporter à Dieu, non à soi-même »
« Désirer la vie éternelle de toute l’ardeur de son âme. »
« Briser aussitôt contre le Christ les pensées mauvaises qui viennent au cœur, et les découvrir à un père spirituel »
« Prier pour ses ennemis dans l’amour du Christ »
« Rentrer en paix avant le coucher du soleil avec qui est en désaccord »
« Et ne jamais désespérer de la MISERICORDE de Dieu. »

A comme AMOUR
« Au soir de la vie, nous serons jugés sur l’Amour », écrivait Saint Jean de la Croix. C’est aussi sur l’Amour que se conclut la Règle de Saint Benoît, et c’est dans l’amour qu’elle se résume en son avant-dernier chapitre (RB 72). Le voici :
« 1. Comme il existe un zèle mauvais et amer qui sépare de Dieu et conduit en enfer,paixnd autel
2. de même il existe aussi un bon zèle qui sépare des vices et conduit à Dieu et à la vie éternelle.
3. C’est donc ce zèle que les moines pratiqueront avec un très ardent amour :
4. c’est-à-dire : ils se surpasseront mutuellement de respect ;
5. ils supporteront avec une extrême patience leurs infirmités respectives, tant physiques que morales ;
6. ils rivaliseront d’obéissance mutuelle ;
7. nul ne recherchera ce qu’il estime être utile à lui-même, mais ce qui l’est plutôt à autrui ;
8. ils s’aimeront fraternellement, sans égoïsme ;
9. ils craindront Dieu avec amour ;
10. ils aimeront leur abbé d’un amour sincère et humble ;
11. « ils ne préfèreront absolument rien au Christ » ;
12. Que celui-ci nous conduise tous ensemble à la vie éternelle. AMEN »

 

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