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    Les Bénédictins

    Saint Benoît fonda le premier monastère bénédictin au 6ème siècle au Mont Cassin en Italie. Aujourd'hui encore, les frères et sœurs vivent selon sa Règle. L'Abbaye doit être une école de charité d'où rayonne la paix.
    Les moines ne préfèreront rien à l'amour du Christ
    Règle de Saint Benoît

Abbaye de Maumont

Quand le oui de l'homme rejoint le oui de Dieu

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Le 11 décembre, Sr Marie Noël s'engageait pour la vie dans notre communauté monastique et recevait la consécration des vierges. Ce jour de joie vécu en Eglise s'enracine loin dans la vie de notre sœur ; elle a eu l'occasion de l'exprimer au micro de RCF, échange que nous partageons avec vous et qui nous ouvre à la joie de Noël. Que la paix, qui prend visage d'homme, vous rejoigne en ces jours et nous ouvre à l'espérance !

Interview de Sœur Marie Noël
Abbaye de Maumont Charente
Pour RCF
Charente Maritime
27 novembre 2016

Jean Baptiste (RCF) L’aumônerie de Saujon (Charente Maritime) vient régulièrement à l’abbaye de Maumont qui est située en Charente. 55 religieuses bénédictines vivent dans cette abbaye. La communauté a invité les jeunes en aumônerie à participer à la cérémonie du dimanche 11 décembre 2016, au cours de laquelle Sœur Marie Noël va prononcer ses vœux définitifs…
Sœur Marie-Noël, vous avez accepté de répondre à quelques-unes de nos questions. Est-ce que vous pouvez en quelques mots, vous présenter.

Sœur Marie-Noël Je suis née en Vendée à la Roche sur Yon. J’ai vécu une grande partie de ma vie à Châtellerault dans la Vienne. Je fais partie d’une famille chrétienne et mes parents sont salésiens, c’est-à-dire qu’ils essaient de vivre selon la spiritualité de saint François de Salle. J’ai cinq frères. Je suis la quatrième de cette fratrie. Sinon comme profession, j ‘ai été professeur des écoles pendant deux ans et je m’occupais plutôt des élèves de CE2, CM1 et CM2. Et puis ce qui m’a beaucoup portée aussi avant mon entrée au monastère, c’est que j ‘ai fait beaucoup de scoutisme, j’ai été guide, puis cheftaine et j’ai fini par être formatrice de chefs.  

Jean Baptiste (RCF) Pourquoi êtes-vous entrée dans une abbaye, est-ce qu’il y a eu une circonstance particulière, un appel qui vous a amenée à faire ce pas ?

Sœur Marie-Noël En fait, l’appel du Seigneur, je l’ai reçu très tôt puisque j’avais 9 ans, et dans des circonstances bien précises. C’était la semaine des missions et des sœurs missionnaires sont venues témoigner dans mon école et dans ma paroisse. Puis, elles sont venues coucher chez mes parents. L’une de ces religieuses couchait même dans ma chambre. Quand les religieuses sont parties, j ‘ai dit à maman qui était en train de refaire mon lit : « Plus tard, je serai religieuse ». Sur le coup, ma mère n’y a pas trop cru et puis, comme ça revenait régulièrement, elle m’a invitée à aller passer des vacances dans un monastère et c’est comme ça que tout a commencé. On peut se dire pourquoi la vie de prière, alors que ce sont des missionnaires qui ont éveillé mon appel. Le premier élan de mon cœur a été de dire : « Je serai missionnaire » et en fait, très vite, c’est la vie de prière qui m’a attirée et dans mon cœur, j ‘ai vraiment senti le désir de donner tout mon être avec son corps au Seigneur. Ensuite, avec l’adolescence, j ‘ai un peu perdu ça de vue. Il y avait bien un appel très pressant à cette époque mais que les circonstances ont refoulé. Mais Dieu est patient et il a attendu le bon moment pour me rappeler mon propre désir et après avoir fait les exercices de saint Ignace pour discerner, je suis entrée à l’âge de 28 ans au monastère de Maumont.


Jean Baptiste (RCF) Pourquoi êtes-vous entrée à Maumont ? Vous êtes peut-être allée dans d’autres abbayes…

Sœur Marie-Noël Pourquoi Maumont ? Je ne saurais pas vraiment dire. Il y a un ami qui m’a fait connaître Maumont et tout à coup mon cœur s’est trouvé pris en fait. Effectivement, je suis allée voir dans d’autres monastères après avoir connu Maumont. Il y a notamment une carmélite qui m’a dit : « Je sens que votre cœur est à Maumont ». Qu’une sœur d’un autre monastère, dans lequel j’aurais pu entrer, me dise cela, m’a confirmée dans mon désir de vivre l'appel reçu à Maumont.


Jean Baptiste Depuis l’âge de 28 ans, vous êtes à l’abbaye. Je suppose que c’est quand même un cheminement. Avant de faire cet engagement définitif, il y a différentes étapes. A certains moments, on peut avoir des doutes ou pas : est-ce que ma voie est de continuer dans cette abbaye…

Sœur Marie-Noël Mon chemin est vraiment passé par le combat. Oui, il y a eu des moments pas faciles. Pour moi, c’est une question d’entrer dans la vie en fait. Si je m’engage aujourd’hui définitivement dans cette voie, c’est parce que je reconnais que c’est pour moi un chemin de vie et ça, c’est important. Du coup c’est une très grande joie, parce qu’entrer dans la vie, c’est forcement une grande joie, toutes les mères le savent. Et en même temps, c’est aussi une douleur, il faut passer des ténèbres à la lumière comme l’enfant qui sort de l’obscurité du ventre de sa mère pour venir à la lumière. Les ténèbres qu’il ma fallu quitter, les ténèbres de mon cœur, ce sont les mêmes que celles du monde. Mes ténèbres, c’est la violence que je rencontre aussi dans le monde, et cette violence, je la retrouve en moi. Si je peux donner un exemple, on parle beaucoup de terrorisme actuellement. Etre confrontée à ce terrorisme me fait prendre conscience qu’en moi, je porte un terroriste quand je laisse exploser par exemple ma colère, c’est un petit exemple qu’on peut reproduire à plein de niveaux. Pour moi, c’est une joie indicible en fait quand Dieu vient apaiser cette violence pour apporter la paix. Si la violence du monde vient me rejoindre, j‘espère que la paix que je vis peut, d’une manière ou d’une autre, rejoindre le monde et pour moi c’est vraiment le sens de ma vie et de mon engagement.


Jean Baptiste (RCF)  Est-ce qu’il y a des paroles de la Bible ou des prophètes qui alimentent aussi votre prière, votre combat, qui vous ont aidée à rejoindre ces prophètes dont on parle dans la Bible, eux qui ont eu aussi des combats à mener ?

Sœur Marie-Noël Le personnage biblique qui est un patriarche et qui me rejoint beaucoup, c’est le personnage de Jacob. On raconte dans la Bible que pendant une nuit, il se bat contre un personnage étrange. Pendant toute la nuit il se bat et il se fait même démettre une hanche par ce combattant. A la fin de la nuit, il se rend compte que son compagnon de lutte est un ange et il lui dit : « Je ne te lâcherai pas que tu ne m’aies béni » et à ce moment-là l’ange le bénit et lui donne un nouveau nom, Israël, et pour moi c’est vraiment symbolique de ce combat que je vis et qui donne vie en fait.


Jean Baptiste (RCF) Un certain nombre de sœurs n’ont plus leur nom de naissance. Est-ce que c’est votre cas ?

Sœur Marie-Noël Effectivement, Sœur Marie-Noël n’est pas mon nom de naissance, je m’appelais Marie. Au moment de recevoir l’habit il y a cinq ans, Mère abbesse a décidé de me donner un nouveau nom. Ce n’est pas systématique, il y a des sœurs qui gardent leur nom de baptême. Après m’avoir consultée pour savoir ce que j’en pensais, elle m’a donné un nouveau nom. Ce n’est pas moi qui ai choisi, c’est elle qui s’est laissé inspirer par l’Esprit à travers la prière. Ce nom que j ‘ai  reçu, c’est comme une vocation qui m’est donnée. Je m’appelais Marie, je m’appelle maintenant Sœur Marie-Noël, ce petit « Noël » fait toute la différence par ce qu'elle m’a proposé à travers ce nom, le même chemin que notre Seigneur a fait, c’est-à- dire l’incarnation. J’étais quelqu’un qui vivais et qui vis beaucoup dans ma tête ; à travers ce nom, je suis invitée à vivre mon humanité pleinement, c’est-à-dire aussi habiter mon corps et mes sentiments.


Jean Baptiste (RCF) Avec RCF la joie se partage, est-ce que vous pouvez nous partager quelques unes de ces joies monastiques ?

Sœur Marie-Noël Pour moi, la plus grande joie, c’est quand même d’entrer dans la vie. Je sais qu’avant d’entrer, je vivotais, je suivais le cours de la vie qui m’était donné, je laissais les événements venir à moi. Maintenant, je vis vraiment ma vie et pour moi, c’est vraiment une très grande joie. J ‘ai la grande joie aussi de vivre en communauté parce que, si le combat est parfois difficile, je sais que je peux compter sur mes sœurs. La vie en communauté n’est pas toujours facile parce qu’on a toutes notre caractère et vivre 24h sur 24h avec 50 sœurs, ça demande parfois de l’énergie, mais en même temps, cette vie en communauté ouvre à la beauté. J’aime voir la beauté intérieure de mes sœurs, apprendre à découvrir la beauté intérieure de mes sœurs, et pour moi, c’est vraiment à travers cela, vivre la reconnaissance et entrer dans un chemin de louange ; c’est ma reconnaissance qui est louange. 

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