• Bénédictins

    Les Bénédictins

    Saint Benoît fonda le premier monastère bénédictin au 6ème siècle au Mont Cassin en Italie. Aujourd'hui encore, les frères et sœurs vivent selon sa Règle. L'Abbaye doit être une école de charité d'où rayonne la paix.
    Les moines ne préfèreront rien à l'amour du Christ
    Règle de Saint Benoît

Abbaye de Maumont

Cela n'a pas été tout droit !

29juin"Dieu écrit droit avec nos lignes courbes." C'est la première chose qui me vient à l'esprit quand il me faut raconter le chemin qui m'a menée à entrer à l'Abbaye bénédictine de Maumont en 2008, et à y faire profession solennelle le 29 juin dernier. Oui, ça n'a pas été  tout droit. Il m'a fallu du temps pour entendre cet appel à la vie consacrée puis à la vie monastique. En fait, je crois que cela a surtout été un chemin d'apprentissage de la confiance, pas à pas, pour pouvoir engager toute ma vie dans une alliance avec Dieu. Peut-être est-ce parti de cette question qu'une amie m'a posée un jour : " Et toi, pourquoi est-ce que tu te lèves le matin ?"

Une porte d'entrée aura été le chant. Dans le MEJ, on chantait beaucoup. Je me suis dit : ce que tu chantes, quel impact ça a dans ta vie ? En guise de réponse, j'ai décidé de partir en coopération : " Seigneur, je te donne 2 ans de ma vie." La Fidesco m'a envoyée comme institutrice en Guinée-Conakry. J'y ai reçu beaucoup du témoignage des jeunes chrétiens. J'ai découvert la joie du don de soi mais aussi l'importance et la force de la prière dans des situations qui me semblaient sans issue. Loin des miens, je me suis retrouvée face à moi-même et face à Dieu. Ma foi a mûri.

C'est aussi en Guinée que j'ai rencontré la vie bénédictine au Monastère Sainte Croix, fondation de Maumont. Mais quand je suis rentrée en France, rien n'était encore clair. Une seule évidence : j'avais confié ma vie à Dieu pendant 2 ans et IL avait pris une place essentielle ; je ne voulais pas la lui reprendre car IL ne m'avait pas déçue. J'ai repris mon métier, une vie normale en gardant au coeur cette question. Peu à peu le discernement s'est fait. Un discernement réciproque car l'accueil de ma communauté est une confirmation de cet appel. 
Une chose est sûre le jour de sa profession : on offre tout, on dépose tout entre les mains de Dieu. La prosternation devant l'autel pendant la litanie des saints est un moment fort. Dire ce que j'ai vécu de l'intérieur est difficile...mais la liturgie me donne des mots pour l'exprimer : " Maintenant je te suis de tout coeur d'une crainte d'amour, et je cherche à voir ton visage. Seigneur, ne déçois pas mon attente, mais agis envers moi selon ta bonté et la magnificence de ta miséricorde."
C'est tout de même étonnant : qui suis-je pour dire à Dieu : "ne me déçois pas " ? Face à lui, je n'ai aucun mérite à invoquer, simplement une espérance...et cela change tout car c'est sur sa Parole que je m'engage, je m'appuie sur sa promesse de vie en osant la prende au sérieux. Aujourd'hui ma profession solennelle est un OUI pour la VIE. La vie monastique est un chemin de liberté, une aventure pascale. Il s'agit d'apprendre à vivre en vérité dans le don et le pardon. On découvre alors que la vie est capable de traverser la mort, de se faufiler partout. Telle est mon espérance. 

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