• Bénédictins

    Les Bénédictins

    Saint Benoît fonda le premier monastère bénédictin au 6ème siècle au Mont Cassin en Italie. Aujourd'hui encore, les frères et sœurs vivent selon sa Règle. L'Abbaye doit être une école de charité d'où rayonne la paix.
    Les moines ne préfèreront rien à l'amour du Christ
    Règle de Saint Benoît

Abbaye de Maumont

La vérité du pardon

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Pardonner ? En cette année de la Miséricorde, le Pape François nous invite à une réflexion personnelle, à une sorte de bilan, voire à une conversion.

Y a-t-il matière à pardonner dans la vie monastique ? Une jeune qui se sait appelée, toute à la joie de se savoir aimée de Dieu, dans la lumineuse rencontre du Christ, entre dans un monastère, disponible, heureuse, prête à tout donner au Christ qui l’attire à lui…

Tout va bien au démarrage, l’entrée dans un nouveau rythme de vie, la place privilégiée de la prière, le cheminement avec d’autres jeunes, tout est à découvrir…

Mais l’apprentissage de la vie commune, avec les différences de tempéraments et d’histoires, vient rogner cette image idéale que j’avais de moi et de l’autre. Nous voilà dans la réalité de la vie : je ne suis pas parfaite ! Je réagis, je juge à l’occasion, je manque d’écoute et d’accueil… mon image de marque se ternit. Un coin se déchire alors et me découvre le vrai terreau où enraciner le combat : son propre cœur, terre à évangéliser. La conversion n’est jamais un acquis, elle va se poursuivre toute la vie… aimer totalement, dans un complet don de soi est à reprendre chaque jour.

Dans ce combat pour accueillir l’autre et moi-même en vérité, pour pardonner les blessures qui nous sont faites, des moyens sont mis à notre portée :

La Parole de Dieu en tout premier lieu qui est comme une arme puissante et efficace (cf. St Paul), avec la possibilité que nous avons d’apprendre par cœur certains passages pour pouvoir les ruminer dans la journée et « chasser » ainsi les pensées porteuses de mort.

La participation à l’eucharistie (et aux sacrements d’une façon générale) nous permet de laisser se déployer la vie du Christ en nous, avec sa capacité de compassion et de pardon. Il peut y avoir aussi telle ou telle lecture marquante qui est comme une balise sur un chemin de pardon et d’acceptation de soi, ou bien telle rencontre ou tel échange avec une sœur qui est comme une porte ouvrant sur davantage de lumière.

Pour les spirituels du Moyen Age, l’homme trouvait sa vérité dans l’accord profond entre sa dignité, sa dépendance vis-à-vis de Dieu et sa misère. Quand il avait creusé en lui-même pour rencontrer le point où ces trois dimensions s’ajustaient entre elles, il avait alors atteint la vérité et l’humilité tout ensemble. Telle était la condition essentielle pour être soi-même devant Dieu.

Peut-être pour pouvoir pardonner, faut-il d’abord se reconnaître pécheur, en attente nous aussi de pardon… Certes, ce n’est pas facile, on aurait plutôt envie de dire comme Pierre : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur » Mais St Augustin a cette parole : « Tu veux fuir Dieu ?  Fuis en Dieu »

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