• Bénédictins

    Les Bénédictins

    Saint Benoît fonda le premier monastère bénédictin au 6ème siècle au Mont Cassin en Italie. Aujourd'hui encore, les frères et sœurs vivent selon sa Règle. L'Abbaye doit être une école de charité d'où rayonne la paix.
    Les moines ne préfèreront rien à l'amour du Christ
    Règle de Saint Benoît

Abbaye de Maumont

Pardon et chapitre des coulpes

franoisekoraAprès quatre années dans un foyer de l’Arche de Jean Vanier, en Charente, voici bientôt trente ans que je suis entrée au monastère où nous sommes une cinquantaine de sœurs, et j’ai eu la chance de faire partie des cinq sœurs envoyées pour une fondation monastique en Guinée Conakry.

Vivre fraternellement à 50 en France ou à 5 en Afrique, dans la durée, est-ce possible ?

Oui, si je suis capable de vivre le pardon et la fête -les deux !- avec mes sœurs. Cela s’apprend et c’est VITAL ! Sinon, on ne peut pas tenir (surtout à 5), ou bien l’on vit les unes à côté des autres. Je crois que la question n’est pas tellement : « est-ce que je peux pardonner ? » mais : « est-ce que je veux pardonner ? »

Une belle tradition dans notre Règle de vie (écrite par st Benoît au VIème s), c’est le chapitre des coulpes : « se remettre en paix avant le coucher du soleil » dit Benoît à la suite de st Paul. Chaque soir, avant le dernier office du jour, nous nous retrouvons toutes ensemble pour écouter la Parole et faire silence. Là, chacune, très librement, peut se lever et demander pardon pour tel manque à la charité ou à la pauvreté. Même si j’ai déjà fait la démarche de demander pardon à la sœur qui a reçu ma colère par exemple, je le redis le soir devant toutes car, à travers cette sœur, c’est toute la communauté que j’ai blessée.

Cette démarche est exigeante, parfois difficile, mais c’est très libérant, et cela aide beaucoup à ne pas rester dans une attitude négativefranoisebalade de fermeture, culpabilité, amertume, ou de jugement…

Pardonner, demander pardon, c’est aimer, et le Seigneur ne nous demande pas autre chose : « Je vous donne un commandement nouveau, aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous devez vous aussi vous aimer les uns les autres » Jn 13,34.

Ce temps du soir est vraiment comme un renouvellement du regard. Parfois, dans un moment d’épreuve, une sœur se met à genoux et demande la prière de toutes… de tels exemples d’humilité font grandir la confiance et fortifient la volonté de guérir et de croître.

Outre ce temps communautaire, il y a aussi la possibilité d’une démarche plus personnelle pour rencontrer une sœur avec laquelle il y a eu une confrontation ou un blocage et de s’expliquer paisiblement. Là, c’est tout un art pour guetter le bon moment, avec les bonnes dispositions ! Cela suppose beaucoup de respect, de patience, d’écoute, (même après 30 ans, je me sens toujours apprentie !!) mais quelle joie réciproque quand on a pu vivre cela !

Démarche personnelle aussi pour parler à notre abbesse ou à une sœur aînée, dans l’ouverture du cœur.

Est-ce que je peux pardonner ? Oui, mais pas toute seule : c’est Dieu qui pardonne en moi, c’est son Esprit qui me fait le désirer, c’est Jésus qui me montre le chemin au jour le jour et avec mes sœurs !

« Seigneur, comme tu veux, comme tu sais, Miséricorde » St Macaire !                                                                                                 

Sr Françoise

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