• Bénédictins

    Les Bénédictins

    Saint Benoît fonda le premier monastère bénédictin au 6ème siècle au Mont Cassin en Italie. Aujourd'hui encore, les frères et sœurs vivent selon sa Règle. L'Abbaye doit être une école de charité d'où rayonne la paix.
    Les moines ne préfèreront rien à l'amour du Christ
    Règle de Saint Benoît

Abbaye de Maumont

Où poser mes pieds pour traverser ma vie ?

jmclibrededroit0131   19° dimanche T.O.   A

   Mt. 14,22-33                                                             

   Croyant depuis tant d’années, ou depuis peu, est-ce que ma vie est une « marche sur les eaux » ou sur le cours d’un long fleuve tranquille, ou encore installée sur une eau stagnante, celle de l’habitude ?

   Ma foi, est-elle vivante ?  Me fait-elle vivre ?

   Le titre souvent donné aux versets que nous lisons aujourd’hui : « la tempête » apaisée », est-il si bien choisi ? A y regarder de plus près, « le vent tombe » ne vient qu’en fin de texte et passerait presque inaperçu. Ce ne serait pas l’essentiel. Ou bien, est-ce au contraire une manière de dire que ce qui agite tellement les disciples intérieurement et Pierre en particulier, est symbolisé par ce vent qui semble occuper toute la place ? Alors oui, « le vent tomba » renvoie à l’apaisement après un combat rude : « Le vent était contraire » est-il dit au début du texte. Toute une traversée, la mienne, la tienne, la vôtre, la nôtre, se déroule entre ces deux expressions. La tempête, si elle se trouve finalement apaisée, ne doit pas nous faire oublier ou négliger tout ce qui précède. Happy end !!! Certes.

   Mais l’accent porte sur une double traversée ; celle de Jésus et celle de Père en vis-à-vis l’un de l’autre. Jésus aurait-il « le pied marin » au sens premier de l’expression ? Fils du charpentier de Nazareth, il doit davantage connaître les établis et les outils associés. Rien ne semble l’y prédisposer, humainement parlant, contrairement à Pierre. Nous aurions donc à faire à un Jésus « tout terrain » plutôt, de par la mission qu’il a reçue de son Père. Celle que Pierre et les disciples confesseront finalement : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »jmclibrededroit0447

   Jésus ouvre des chemins, passe devant, précède : avec lui, l’impossible devient possible. Rien ne vient de lui-même. Il n’agit que mû par son attachement filial au Père. Pierre, quant à lui, ne regarde que ses pieds, lui le marin de profession ! Il lance même un défi à Jésus : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux ». « Si, tu es… ». Pierre parle comme le Tentateur au désert. En fait, Pierre veut faire comme Jésus : marcher sur les eaux que la tempête agite fortement. Faire un exploit humain ? Vérifier que Jésus est bien homme et Dieu ?

  Ce qui est sûr, c’est que Pierre regarde là où il met les pieds et donc quitte Jésus des yeux. Il ne se fie plus qu’à lui. En face de lui, il ne voit plus Jésus mais le danger, et la peur le saisit. Repli sur lui, un appel, un cri : « Seigneur, sauve-moi ! » En face de lui, la main de Jésus se tend, et même saisit celui qui perd pied. Et voici que Jésus lui parle avec une pointe d’humour. En effet, « homme de peu de foi » peut être traduit littéralement du grec par « mini croyant » (Cf. traduction de sr. Jeanne d’Arc O.P.)

vague bleue abbaye maumont    Puis-je y lire une illustration de ma propre traversée ?

  Pierre connaissait l’Ancien Testament . Il a grandi dans la foi juive et avait sûrement entendu ce verset tiré du 2d Livre des Chroniques, à un moment où le peuple hébreu était confronté à un ennemi redoutable et redouté : « Ne craignez pas, ne vous effrayez pas : ce combat n’est pas le vôtre, mais celui de Dieu » (2 Chroniques 20,15).

Entendons-le à notre tour, nous qui cherchons à approfondir notre foi qui rencontre inévitablement sur sa route le combat spirituel. N’ayons pas peur de monter dans la barque quand Jésus nous le demande. Il n’est jamais loin pour nous précéder, et nous rejoindre.

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