• Bénédictins

    Les Bénédictins

    Saint Benoît fonda le premier monastère bénédictin au 6ème siècle au Mont Cassin en Italie. Aujourd'hui encore, les frères et sœurs vivent selon sa Règle. L'Abbaye doit être une école de charité d'où rayonne la paix.
    Les moines ne préfèreront rien à l'amour du Christ
    Règle de Saint Benoît

Abbaye de Maumont

J'ai trouvé LE TRÉSOR, la joie de ma vie !!!

bouquet abbaye maumont   17° dimanche T.O.   A

   Mt. 13,44-52                                                         

   A l’occasion de cet Évangile, je voudrais célébrer avec vous 60 ans de vie humaine dont 30 ans de Profession monastique. Et j’ose prendre appui sur les paraboles de ce jour pour partager ce qui pourrait être aujourd’hui l’essentiel de cette suite du Christ qui n’a rien d’extraordinaire, sauf peut-être, et encore, que la joie demeure, renouvelée sans cesse dans ce « OUI » en Alliance avec Lui et avec ma communauté.

   Un contre tout. Tout pour un. Tout ou rien. L’urgence n’attend pas. Elle est là, pressante, et la vie s’en trouve dynamisée. Ces courtes paraboles laissent peu de place à la réflexion. Seul compte le désir initial, essentiel. En effet, dans la première, le texte ne dit pas que l’homme cherche « un trésor » mais qu’il le trouve. Sa joie et sa décision immédiate sont à la mesure de ce qu’il a trouvé. Inestimable ! Capable de remplir toute une vie. Comme le Royaume en la personne de Jésus, le trésor est là, devant cet homme, qui n’a rien fait pour le découvrir. Tout est résumé avec une telle simplicité, une telle rapidité que le lecteur est porté et comme happé lui-même par le personnage anonyme qui l’entraîne dans sa course, et jusque danoraison abbaye maumonts sa joie que souligne Matthieu. Entendons-nous bien : le dépouillement évangélique n’est pas le moyen d’accéder au Royaume, mais la conséquence de la découverte. Nous lisons que le Royaume de Dieu, Dieu lui-même en Jésus-Christ, « est comparable à un trésor caché dans un champ ». Pas seulement un trésor, un trésor caché, mais « dans un champ ». A celui qui trouve, le trésor ne suffit pas. Il lui faut aussi acquérir le champ. Parce que le trésor ouvre et dilate le cœur. Parce qu’on ne saurait mettre la main sur Dieu. Dieu n’est pas un objet précieux que l’on possède pour s’enrichir, mais au contraire, il réclame un dépouillement de tout pour être accueilli comme Le Bien par excellence. Par ailleurs, il n’est jamais seul à venir à l’homme. Il vient avec l’humanité toute entière, avec les richesses et à travers les espaces infinis des dons qu’il veut nous faire, symbolisés ici par le champ. Quand on trouve Dieu, on trouve bien plus, si j’ose dire. Le trésor caché ne l’est plus. Il dévoile son rayonnement. Son prix n’est ni dans sa taille ni dans sa valeur marchande, mais dans sa pauvreté même, dans sa nudité qui ouvre à tellement plus vaste. « Ne rien préférer à l’amour du Christ » nous dit saint Benoît. Certes, il faut sans doute plus de 30 ans pour le découvrir et y entrer plus radicalement. Mais je commence à percevoir que c’est possible. Oui, il vaut la peine de se dépouiller de tout pour le Royaume. Vraiment !!! Pensons au trésor, mais n’oublions pas le champ.

   L’autre face de l’évangile est surprenante mais magnifique. Cette fois-ci, (je me risque à faire cette lecture personnelle) c’est Dieu qui est présenté sous les traits d’un « négociant qui recherche des perles fines ». Ne serait-ce pas nous qu’il cherche avec assiduité et bien décidé à nous trouver ayant tout abandonné de lui-même pour nous donner tout ? Merveille ! Une seule perle : quel ne sera pas son bonheur ! Dieu a cherché l’homme. En son Fils, Jésus, il a la perle qui a fait toute sa joie. Il a L’Homme et en lui, tous les hommes. Écoutons saint Ephrem chanter cette Perle : « Un jour, l’un des jours, mes frères, je pris une perle : en elle symboles, je vis ô fils du Royaume ! Images, figures de la Majesté ! Elle devint source : A elle, je bus Mystères du Fils ». La poésie peut nous aider parfois à aller plus avant dans les images pour mieux saisir leur profondeur et leur secret. La Bible elle-même est pleine de poésie. Dieu est le poète de ma vie. Combien il me maintient dans le réel tout en me soutenant pour garder une juste distance et me recentrer sans cesse sur lui. « Je l’ai trouvé, je ne le lâcherai pas », comme dit l’épouse du Cantique des Cantiques (Ct. 3,4).

   papillon5 abbaye maumontNous retrouvons le secret des paraboles : nous aider à mieux saisir que le Royaume de Dieu demande tout. Qui trouve Dieu trouve tout. Dieu, en trouvant l’Homme, a tout trouvé. C’est bien comme cela que je relis mon histoire personnelle, tout ce que Dieu a fait pour moi, pour m’accompagner jour après jour, guidant et réorientant sans cesse ma recherche de lui.

   Quand j’y pense, ces 30 années sont passées très vite. Mais leur cohérence est en Lui qui les unifie toutes.

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